préservation des acquis

Niveler par le bas, déréglementer et administrer quelques excipients pour faire passer la pilule : qu’il s’agisse de la loi travail ou de toute autre mesure envisagée ou déjà en vigueur dans le domaine social depuis le début de la vague néo- libérale, telle est la description caricaturale à laquelle se livrent de sinistres rabat- joie.

Mais alors que des cheminots s’accrochent stupidement à leur statut (véritable TRAGÉDIE évoquée au Sénat) et que des syndicats extrémistes s’opposent de toutes leurs forces aux salutaires attaques menées contre l’ordre public social, de courageux fonctionnaires n’hésitent pas à quitter leur cocon et à se remettre en question dans le secteur privé. Un sens irraisonné du sacrifice qu’il conviendrait peut- être de canaliser

On voit ainsi un sénateur (Jean-Claude Requier, questions au Gouvernement, 9 juin 2016) hocher du chef en signe d’approbation lorsque, interpellé à juste titre au sujet du dernier flagrant- délit de pantouflage, le secrétaire d’État au Budget argumente en fin d’intervention sur l’indigence des rémunérations accordées à la haute fonction publique et suggère de se pencher sur cette autre tragédie pour éviter l’exode de ces brillants cerveaux. On se réjouit donc de constater que, pour certaines catégories, réforme ne signifie pas perte d’acquis : il est permis à la haute fonction publique d’espérer des relèvements indiciaires  sous  de tout autres formes que les insultantes aumônes consenties aux subalternes,  les dirigeants de multinationales conservent leurs droits à rémunération exorbitante grâce à une loi vidée de son contenu d’amendement en amendement, tandis que les revenus tirés de la fraude et l’optimisation fiscales ou de la sous- traitance à bas coût sont à peine effleurés par le grand vent du changement.

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