Le droit de quitter son pays est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Jamais un gouvernement ne s’est montré aussi brutal dans le traitement de la question du « droit d’asile ». L’exil n’est pas un choix mais l’asile est un droit, un droit fondamental.

Au mois de juillet le président Macron nous entonnait sa  belle « profession de foi universaliste » : plus personne ne dormirait « dans la rue, dans les bois » et on ne « chercherait plus à dissuader quiconque d’exercer son droit à la protection ». Foutaise !

Pendant ce temps se discute projet de loi qui constitue un durcissement sans précédent depuis 1945 sur les conditions d’asile et d’accueil en France.

Ce qui se livre ici est d’une gravité extrême : il s’agit de basculer dans un régime qui rompt chaque jour un peu plus avec les fondements les plus élémentaires de notre humanité.

La solidarité n’est pas un vain mot et nous nous inscrivons en totale opposition à cette politique que nous combattons plus que jamais.

Combien de fausses vérités et de vrais mensonges n’ont été proférés à l’encontre de ces femmes, de ces enfants et de ces hommes qui fuient le chaos au péril de leur vie pour espérer demander l’asile dans le pays dit « des droits de l’homme ».
Les droits de l’homme sont allègrement bafoués dans la France de Macron. Notre fédération dénonce vigoureusement la politique conduite par un gouvernement qui décidément s’évertue à mettre à mal tous les fondements de notre modèle social et de notre système de solidarité, quand ce n’est pas jusqu’à notre humanité qui est niée par ces mesures. A propos du prétendu « énorme » flux migratoire qui déstabilise notre société et notre économie et nous oblige (malheureusement) à être si strict en pourchassant pour les renvoyer chez eux les quelques dizaines de milliers de malheureux qui réussissent à gagner nos rives rappelons que : avec un solde migratoire de 0,1 % en moyenne sur les dix dernières années (soit 67 000 personnes par an) la France est un des pays d’Europe qui a accueilli le moins de migrants (toutes catégories confondues) sur son territoire depuis dix ans. Trois fois moins que la moyenne de la zone euro, cinq fois moins que l’Allemagne et l’Italie, sept fois moins que la Suède…
Jamais un gouvernement n’avait été aussi loin dans le durcissement sécuritaire contre les migrants
Si la « circulaire Collomb « provoque depuis un mois un mouvement d’indignation, le projet de loi, dont le texte définitif est prévu pour février, risque de battre en brèche tous les principes d’accueil et de solidarité qui sont au fondement de notre démocratie.
La France « terre d’asile », visiblement le président des riches n’en a cure, se montrant plus prompt à flatter les puissants et à se faire bien voir des régimes les plus rétrogrades.
Prolongement de la durée de rétention, intensification des contrôles, réduction du délai de recours… Nous dénonçons cette politique de plus en plus répressive de la part de ce gouvernement, à contre-courant de la réalité du terrain. « C’est le moment. Le moment où tout peut se jouer d’un destin collectif. Le moment où mille victoires risquent d’être, d’un coup, submergées par la faillite morale d’une nation », met en garde l’historien Patrick Boucheron. Il sera bien commode de crier après à cela au danger de l’extrême droite.

Le rôle d’une politique d’action sociale n’est pas de contrôler les personnes et de les dénoncer à la Préfecture. Notre fédération qui défend une toute autre conception de la solidarité et de la protection sociale ne peut accepter une dérive qui si elle est menée à son terme réinterrogerait tous les fondements pour lesquels nous nous battons
Définir une véritable politique d’accueil, c’est avant tout permettre aux gens de migrer dans des conditions sûres et dignes, c’est arrêter le massacre, mettre un terme à la tragédie qui se joue actuellement aux frontières de l’Europe.
La liberté de circulation est un droit fondamental. C’est à la fois une question de liberté et une question d’égalité. Aujourd’hui, le destin des uns et des autres reste avant tout déterminé par l’endroit où ils/elles sont né-e-s. C’est la fermeture des frontières qui crée cette inégalité insupportable, ce privilège du lieu de naissance. L’ouverture des frontières reconnaît la légitimité de toute migration, et le droit à la mobilité de chacun. Le droit de quitter son pays est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Le rôle d’une politique d’action sociale n’est pas de contrôler les personnes et de les dénoncer à la Préfecture. Notre fédération qui défend une toute autre conception de la solidarité et de la protection sociale ne peut accepter une dérive qui si elle est menée à son terme anéantirait les fondements pour lesquels nous nous battons.

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